Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère

Publié le par Laurette

Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère

On est le 12 janvier 2015, le jour d’après comme on dit, et comme promis, voici un nouveau rendez-vous hebdomadaire chez Laurette, un bien triste rdv pour le premier ...et pour le récap de la semaine c'est dramatiquement simple : des morts et des blessés ...avec quelques litres de rouge, des kilo de noir, et une petite pincée seulement de vert... je crois que pour l'espoir de voir nos enfants grandir dans un monde cohérent et paisible, il faudra repasser plus tard !!! Nos petits enfants peut être, et il va bien falloir s'en contenter.

Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère

"12 morts et 66 millions de blessés", la formule est bien trouvée, voilà exactement comment je me sent aujourd'hui, blessée, fragile, lessivée, vidée, impuissante, blasée, égarée, en miettes, en colère, et seule, étrangement seule, malgré le 35000 personnes avec qui j'étais censée partagée mon chagrin hier. La pression des 4 derniers jours retombe. Les mots s’emmêlent dans ma tête et la plupart ne parviennent toujours pas à retrouver le chemin de la sortie. Moi qui ai en principe le verbe facile, je suis sèche aujourd'hui.

Un peu plus de 12 morts en vérité, et une peu moins de 66 millions de blessés, malheureusement, dans les 2 cas... en pure perte !

Ma Petite Météo Hebdo est bien morose.

Comme il m'est difficile d'en dire plus, et que cela parait clairement futile et dérisoire, je vous laisse avec les mots et les dessins des autres et m'en vais sérieusement réfléchir au chapitre suivant , qu'il nous reste désormais à écrire, et il y sera je l’espère beaucoup question d'éducation, beaucoup plus que de sécurité, de frontières fermées, de fermeté ou de prison... dans le maigre espoir que le soufflet ne retombe pas trop vite...

Deux poèmes de Paul Eluard qui se suffiront à eux même ...

Courage

Paris a froid Paris a faim
Paris ne mange plus de marrons dans la rue
Paris a mis de vieux vêtements de vieille
Paris dort tout debout sans air dans le métro
Plus de malheur encore est imposé aux pauvres
Et la sagesse et la folie
De Paris malheureux
C’est l’air pur c’est le feu
C’est la beauté c’est la bonté
De ses travailleurs affamés
Ne crie pas au secours Paris
Tu es vivant d’une vie sans égale
Et derrière la nudité
De ta pâleur de ta maigreur
Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux
Paris ma belle ville
Fine comme une aiguille forte comme une épée
Ingénue et savante
Tu ne supportes pas l’injustice
Pour toi c’est le seul désordre
Tu vas te libérer Paris
Paris tremblant comme une étoile
Notre espoir survivant
Tu vas te libérer de la fatigue et de la boue
Frères ayons du courage
Nous qui ne sommes pas casqués
Ni bottés ni gantés ni bien élevés
Un rayon s’allume en nos veines
Notre lumière nous revient
Les meilleurs d’entre nous sont morts pour nous
Et voici que leur sang retrouve notre coeur
Et c’est de nouveau le matin un matin de Paris
La pointe de la délivrance
L’espace du printemps naissant
La force idiote a le dessous
Ces esclaves nos ennemis
S’ils ont compris
S’ils sont capables de comprendre
Vont se lever.

Paul Eluard, Au rendez-vous allemand, 1945, Les Éditions de Minuit

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard, Au rendez-vous allemand, 1945, Les Éditions de Minuit

Quelques citations pleines de bon sens ...
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère

L'ignorance toujours mène à la servitude.

Condorcet

La liberté commence où l'ignorance finit.

Victor Hugo

Il est facile de se tenir avec la foule. Il faut du courage pour rester seul.

Mahatma Gandhi

Un individu conscient et debout est plus dangereux pour le pouvoir que dix milles individus endormis et soumis.

Mahatma Gandhi

Quelques dessins enfin...

Car je le dit souvent mais ils ont le mérite de nous proposer la réfléxion en allant à l'essentiel.

Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère
Allez c'est fini, il ne me reste plus qu'à m'incliner ...
Météo de la semaine, la pire de l'année je l'éspère

Commenter cet article

Laëtitia 13/01/2015 21:15

Rien à dire...parfait ;-))

Laurette 16/01/2015 23:40

Merci Laëtitia, plus l'émotion est forte, moins les mots sont faciles à choisir, ...