Le langage des fleurs

Publié le par Laurette

Les 4 saisons de l'été, Grégoire Delacourt, JC Lattès, avril 2015         

                                            

Je n'aurais jamais autant écorné un livre que celui-là tant l'écriture de Grégoire Delacourt me plait.

Eté 1999, à l'aube d'un nouveau siècle, sur les plages du Touquet, l'heure des vacances a sonnée, les enfants jouent, rient, profitent, pendant que sous leurs yeux insouciants des histoires d'amour se nouent et se dénouent, au grès des marées.

"Des couples qui se rencontrent, se croisent et s'influencent sans le savoir". Un été décisif pour chaque histoire d'amour. L'occasion pour chacun de faire un point d'étape sur le sens de sa vie, de regarder le chemin parcouru et décider de la route qu'il va prendre avec qui il va choisir de faire le voyage.

Quatre saisons pour quatre vies, quatre portraits, quatre parcours, quatre âges de la vie...

A 15 ans, âge de tous les possibles, où l'on découvre pour la première fois, la profondeur des sentiments,

Elle était partie l'été de ses 13 ans. Elle avait emporté avec elle notre légèreté. Nos rires clairs. Mon indéfectible amour.... Je l'avais attendue et ma patience ne pesait guère face à la fascinante sauvagerie des hommes. Elle avait grandi sans moi. Elle était devenue belle sans moi, de cette beauté que l'on ne peut jamais tout à fait posséder.Elle avait aimé sans moi, crié sans moi. Son corps de femme s'était éveillé dans les bras d'autres hommes, des ravisseurs, des pilleurs, des amants d'été qui abandonnent toujours leur butin aux premiers jours d'automne.

p 67

A 35 ans où l'on se pose tant de questions sur le sens de la vie, et où apparait la nostalgie de son premier amour,

On ne doit pas redonner vie à nos amours d'enfance. On doit les laisser là où elles sont : dans l’obscurité confortable des souvenirs. Là où les promesses ébauchées, les caresses imaginées, oubliées, la nostalgie des peaux, des odeurs, là où les rêves enfouis bonifient et écrivent la plus belle des histoires. Celle que rien ne menace. Celle qui n'est jamais arrivée.

p 114

A 55 ans, où l'on a rien à perdre mais tout à gagner à réinventer l'amour qui s'est perdu en chemin,

Vous n'êtes pas comme mes autres élèves, Monique .... Nous, nous écrivons nos vers parce que nous serions bien incapables de les vivre, nous sommes trop peureuses, trop résignées déjà. Partez Monique, ne couchez pas vos manques sur du papier ! Partez, vivez la passion, brûlez-vous, partez et perdez-vous; c'est dans la perte qu'on se retrouve.

p136

A 75 ans, où l'on peut enfin calmement se tourner vers l'autre et partager une dernière fois tout le plaisir que l'on a eu à être ensemble.

Nous ne parlions jamais d'amour entre nous ... Nous craignions tout ce qui pouvait se perdre, et les mots d'amour sont les plus volatils qui soient. Mais nous nous aimions. Nous nous aimions à chaque instant, sans chercher à le prolonger, sans rien lui demander d'autre que ce moment d’éternité, justement. Les mots d'amour n'avaient rien sauvé. Ils n'avaient jamais couvert de bruit de la mitraille, les hurlements de terreur, ni étouffé la cacophonie de la douleur; ils étaient le domaine réservé de ceux qui n'avaient pas connu le tumulte des tempêtes; ils remplissaient leur mémoire de promesses. La nôtre était trop encombrée, et c'était simplement de continuer ensemble, avec nos poids, nos croix, et notre modeste espérances, qui avait était le lieu même de l'amour.

p 210

Et le dernier chapitre conclue chaque histoire et apporte à cette lecture un petit supplément d'âme.                                                                                                                                                   Quatre portraits touchants, sensibles, fragiles et terriblement attachants. Un livre difficile à refermer.

Et pour chaque amour, un langage commun, celui des fleurs. Un langage délicat et poétique qui  aide chaque couple à exprimer ses sentiments. Une jolie parade pour les romantiques, les discrets, les poètes ou les timides qui n'ont pas toujours les mots ...

"Nos journées avaient le parfum et la douceur des roses, elles étaient la beautéet la grâce qui manquèrent à nos enfances. Nous pensions que nos fleurs réparaient le mal des hommes, la cruauté des lâches, qu'elles pouvaient être le langage d'amour des timides, des craintifs, de tous ceux que parfois les mots effraient parce qu'ils sont comme des armes. Ils peuvent faire le bien ou le mal." (page 217)

Une Pimprenelle, "vous êtes mon unique amour".

Une Myrte, "moi aussi je vous aime",

Une Eugénie Guinoisseau, "tu es mon amour pour toujours",

Une Jacinthe rouge, "voulez-vous jouer à l'amour?",

Mais aussi, au fil des pages, un fusain, "votre image est gravée dans mon cœur", une rose sauvage, "je te suivrais partout", une tulipe diaprée, "tes yeux sont magnifiques", un iris mauve, "tes yeux m'affolent", un chrysanthème rouge : "je t'aime", un camélia, "je t'aimerai toujours", une rose rose, "tu es si belle", douze roses rouges, "voulez-vous m'épouser ?".

Si vous aussi vous souhaitez vous initier au langage des fleurs voici quelques liens :

Je conclue cet article en vous offrant un bouquets de 15 hortensias. 15 fleurs pour vous exprimer toute ma reconnaissance et mon respect. Et les hortensias ... "du fond du coeur merci". D'être là, si fidèles au rendez-vous, tout simplement !

A très vite :-)

Le langage des fleurs

Publié dans Romans adultes

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