"Les balades artistiques" ... avec Miro

Publié le par Laurette

Je continue ma balade dans la collection Pont des arts que je vous ai présenté avec l'album La grande vague, d'après le travail d'Hokusai.

Aujourd'hui, je revient avec un album tout aussi intéressant et plus enjoué, dans l'univers fantaisiste et ludique de Joan Miro, particulièrement adapté aux bambins.

D'ailleurs Emma (7 ans) a beaucoup aimé cette lecture et s'est vraiment amusée à chercher dans les illustrations de Vanessa Hié, les détails du tableau ici mis en valeur, Le carnaval d'Arlequin.

Ce grand artiste est mort un 25 décembre d'ailleurs (1983), à l'âge de 90 ans ... alors c'était un peu le moment d'en parler non ???

Challenge "Je lis aussi des albums" - lecture 107/100 - très bel album -

La Magissorcière et leTamafumoir, d'après Joan Miro, Hélène Kérillis et vanessa Hié, l'Elan Vert, collection Pont des arts, 2007

"Les balades artistiques" ... avec Miro

A propos de l'album ...

Une collection décidement intéressante qui donne vie à des oeuvres, sans chercher à les interpréter ou retrouver l'intention de l'artiste. Des oeuvres, qui, parfois peuvent rester trés longtemps abstraites pour les néophytes que nous sommes. De fait, une fois l'album refermé, vous ne pouvez plus jamais être insensible à cette toile et l'univers de Miro ... que vous aimiez ou non, d'ailleurs, vous ne regardez plus jamais cette toile de la même manière.

Nous débarquons sur la planète Tourneboule où rien ne tourne rond ... une planète qui souffre de pollution, où l'eau et l'air se vendent en barils ou en ballons. L'album se déroule jusqu'à la dernière page en huis clos dans la maison de la Magissorcière et ses deux animaux de compagnie, Chaminou et Chamatou.

"Les balades artistiques" ... avec Miro

Une maison où, un petit matin, tour à tour, viennent chercher refuge de curieuses bestioles aux noms poétiques et fantaisistes ... un canacoincoin d'abord, à demi-mort, puis deux poissonvols, malmorphosés, et enfin, un canacri, qui tout hurlant explique le problème à la Magissorcière : la planète Tourneboule est contaminée par un dangereux microbe, le carboflor. C'est lui qui est responsable de toutes les malmorphoses. La magisorcière doit agir vite avant que ce microbe ne détruise l'univers ...

"Les balades artistiques" ... avec Miro

Je vous laisse découvrir comment elle rencontre le Tamafumoir, quel rôle il joue dans l'histoire, et par quel stratagème elle parviendra à sauver l'univers.... mais je peut vous dire que cette histoire est une véritable aventure, le texte est croustillant avec toutes ses trouvailles langagières amusantes qui font le bonheur des enfants, et les illustrations colorées pleines de peps.

L'album est, je trouve, un très bel hommage à l'artiste qu'il aurait probablement aimé, fidèle à son univers onirique et poétique, enfantin, invitant petits et grands et observer et réinventer sans cesse le réel.

En bonus, s'ajoutent à cette aventure, une morale écologique intéressante ainsi qu'une belle leçon de vie qui invitera les enfants à réfléchir sur ce qui nous influence, qui nous tente d'un peu trop près, ce qui est essentiel ou plus superficiel, et l'importance de savoir faire les bons choix ...

A propos de Miro et de cette oeuvre ...

Retrouverez-vous Chaminou, Chamatou, la radioreille, canacoincoin, canacri, les poissonvols (...) ? 

Le carnaval d'Arlequin - 1925 -

Le carnaval d'Arlequin - 1925 -

Comme toujours dans cette collection, l'album se termine sur l'oeuvre originale ainsi que quelques explications fournies sur le peintre, son oeuvre et son univers, sa notorité dans son pays d'origine, l'Espane (...).

Miro est né en 1893 à Barcelone. Un artiste complet, peintre, sculpteur, graveur et céramiste. il réalise cette toile en 1925 dans une période difficile de sa vie où il souffre de pénurie, alimentaire entre autre. Il est d'ailleurs expliqué, que d'après l'artiste lui même, c'est ce jeûne, forcé parfois, qui lui provoquait des halucinations formant d'étranges formes sur son plafond,  qu'il reproduisait sur ses toiles. 

Si ses oeuvres ont pu parfois parraître loufoques, Miro ne s'est jamais considéré comme un peintre abstrait, au contraire, il réinterprétait sous d'autres formes la réalité, la sienne en tout cas et développait un monde onirique et enfantin, . "Miro a toujours recherché le sens magique ou poétique des choses. Il appelait ses toiles des "peintures de rêves" "

Petite précision sur son parcours, c'est à cause (ou finalement grace) au typhus qu'il développe ses talents artistiques, obligé alors de se retirer en quarantaine dans une ferme familiale, il se met à dessiner puis peindre, en particulier cette terre catalane attachante qu'il découvre. Et enfin, une fois guéri, alors que son père lui avait prévu une carrière dans le commerce, il finit par céder à sa volonté de rejoindre une école artistique. 

La ferme - 1922 -

La ferme - 1922 -

Si au début de sa carrière, il s'essaye à différents courants, fauvisme, cubisme, expressionnisme, c'est à partir de 1922 qu'il rejoint, à Paris, le mouvement surréaliste, y devenant une figure majeure d'ailleurs, pour sa grande spontanéité et sa liberté d'expression.

C'est donc au cœur de cette période surréaliste qu'il peint cette célèbre toile, la plus représentative de son travail d'alors. D'après quelques recherches, il apparait que cette œuvre soit orientée sur le thème de la pénurie alimentaire. La pièce représente son sentiment d'enfermement et l'échelle, le moyen pour lui de s'évader...

Miro, par choix, négligeait dans ses toiles la perspective, la profondeur, et ne tenait pas compte des dimensions réelles, car selon lui, l'importance que prenait certaines choses était indépendantes de leur taille, les rendre plus grande était donc une façon de marquer leur importance. Miro renverse les idées préconçues et nous apprend à regarder autrement ce qui nous entoure.

Voir ces réinterprétations d'intérieurs hollandais, d'après les toiles de Martensz Sorgh (peintre hollandais baroque, 1610-1670). Intéressant de voir une même toile et deux styles si différents. Et l'on constate aussi bien le tournant dans la carrière de Miro, en comparaison de La ferme.

"Les balades artistiques" ... avec Miro
"Les balades artistiques" ... avec Miro

S'en suivra une rupture avec le courant surréaliste et ses membres, Miro n'accepte plus les codes, les exigences imposées, l'esthétique à suivre, qu'il juge enfermant pour exprimer ses aspirations.

Cette rupture l'entraîne sur d'autres chemins artistiques et le font retourner au pays où progressivement il affirmera son style, mélangeant sculpture, céramique, gravure, lithographie.

Oiseau lunaire - 1966 -

Oiseau lunaire - 1966 -

Une carrière intéressante et des productions variées et nombreuses, que pour certaines, j'apprécie beaucoup, ce côté enfantin ne m'ayant jamais quitté, et ces couleurs pleines de vie ...

Le jardin - 1925 -

Le jardin - 1925 -

La Danseuse - 1925 -

La Danseuse - 1925 -

Mural - 1940 -

Mural - 1940 -

Le poisson volant - 1972 -

Le poisson volant - 1972 -

Variation dans un jardin - 1975 -

Variation dans un jardin - 1975 -

La balade se termine chez moi puisque j'ai la chance d'avoir un original ... signé Emma, offert pour mon anniversaire ... je suis une mère chanceuse non ?

"Les balades artistiques" ... avec Miro
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Commenter cet article

Nathalie 04/01/2016 14:11

Emma est douée ! Une future carrière de faussaire ? ;)

Virginie 04/01/2016 00:22

J'aime bien cette collection mais je ne connais pas celui-ci. J'ai hâte de le voir "en vrai".

Blandine 27/12/2015 16:16

Merci pour ton article très intéressant sur ce peintre que j'aime beaucoup mais dont je ne soupçonnais pas tout l'univers.
Dans le tableau, j'ai retrouvé Chaminou et Chamatoun le canacri... mais pour le reste...

Le tableau d'Emma est superbe! Oh oui, tu en as de la chance!
Des bises.

Laurette 27/12/2015 16:33

Et encore, je n'ai fait que quelques recherches rapides, c'est vraiment passionnant ... pour tes prochaines balades en bibliothèque ;-) des bises